{"id":642,"date":"2012-01-02T16:46:00","date_gmt":"2012-01-02T15:46:00","guid":{"rendered":"http:\/\/aubertm.journalisteweb.be\/2012\/01\/02\/ubs-un-etablissement-publique-sauve-une-monnaie\/"},"modified":"2012-01-02T16:46:00","modified_gmt":"2012-01-02T15:46:00","slug":"ubs-un-etablissement-publique-sauve-une-monnaie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aubertm.me\/index.php\/2012\/01\/02\/ubs-un-etablissement-publique-sauve-une-monnaie\/","title":{"rendered":"UBS: un \u00e9tablissement publique sauv\u00e9, une monnaie pr\u00e9serv\u00e9e et un gain financier pour le contribuable"},"content":{"rendered":"<p>&#8221; Apr\u00e8s avoir vol\u00e9 au secours du c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tablissement de cr\u00e9dit USB en 2008&#160;en signant un tr\u00e8s gros ch\u00e8que, la Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique vient de gagner sur tous les tableaux:<\/p>\n<ul>\n<li>un \u00e9tablissement financier sauv\u00e9 du naufrage gr\u00e2ce \u00e0 une <em>bad bank<\/em>\u00a0publique,<\/li>\n<li>une monnaie pr\u00e9serv\u00e9e<\/li>\n<li>et, au bout du compte, un gain financier pour le contribuable.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<p>Trois ans apr\u00e8s sa mise en place, la banque poubelle d&#8217;UBS, pudiquement baptis\u00e9e StabFund, laisse esp\u00e9rer une plus-value potentielle pour les citoyens helv\u00e8tes de 4 milliards de francs suisses (3,2 milliards d&#8217;euros) sur la foi des calculs r\u00e9alis\u00e9s par la Banque nationale suisse et le professeur d&#8217;\u00e9conomie genevois C\u00e9dric Tille. (&#8230;)<\/p>\n<p>Dans la pr\u00e9cipitation du sauvetage, les autorit\u00e9s suisses gardent leur sang-froid et pr\u00e9parent le coup d&#8217;apr\u00e8s. Un mod\u00e8le du genre, \u00e0 mi-chemin entre le deal d&#8217;un grand banquier genevois et le contrat social du non moins Genevois Jean-Jacques Rousseau.<\/p>\n<p><strong>Une prise de participation rapidement rentable<\/strong><\/p>\n<p>La Suisse consent d&#8217;abord \u00e0 prendre 10% du capital d&#8217;UBS pour apporter de l&#8217;argent frais. En pleine tourmente boursi\u00e8re, l&#8217;Etat s&#8217;introduit dans la banque \u00e0 prix d&#8217;ami et revendra sa participation dix mois plus tard, avec 20% de gain \u00e0 la cl\u00e9.<\/p>\n<p>Ensuite et surtout, la banque centrale de la conf\u00e9d\u00e9ration accepte, par l&#8217;entremise du StabFund, de racheter \u00e0 UBS ses 40 milliards de dollars d&#8217;actifs toxiques. Mais en \u00e9change , ladite banque sauv\u00e9e des eaux doit mettre une partie de son capital au pot de la <em>bad bank<\/em>. Les autorit\u00e9s suisses partagent ainsi le risque de mauvaise fortune avec UBS.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;Etat privatise les pertes et nationalise les gains<\/strong><\/p>\n<p>Reste la partie la plus difficile \u00e0 jouer pour la <em>bad bank<\/em>, \u00e0 savoir la liquidation du portefeuille farci de cr\u00e9dits hypoth\u00e9caires douteux, de produits d\u00e9riv\u00e9s abscons et d&#8217;\u00e9tranget\u00e9s financi\u00e8res. (&#8230;)<\/p>\n<p>\u00a0&#8221; Nous avons rachet\u00e9 les actifs au prix le plus bas propos\u00e9 par les diff\u00e9rentes estimations, mais nous avons surtout obtenu que les premi\u00e8res pertes soient absorb\u00e9es en priorit\u00e9 par la Banque UBS &#8220;, explique Vincent Crettol [ndlr: directeur adjoint du StabFund pour le compte de la tr\u00e8s rigoureuse banque centrale]. Un coup de ma\u00eetre: comme la <em>bad bank<\/em>\u00a0fait ses d\u00e9buts dans un contexte financier d\u00e9plorable, elle c\u00e8de en 2009 ses piles de mauvais cr\u00e9dits avec <strong>des moins-values&#8230; absorb\u00e9es par la participation d&#8217;UBS<\/strong>. Ensuite, \u00e0 la faveur d&#8217;une accalmie sur les march\u00e9s, le StabFund vend plus cher et engrange des gains (1,7 milliard de dollars en 2010)&#8230; pour le compte cette fois de la Banque nationale suisse en priorit\u00e9. Au pays du grand\u00a0capital, l&#8217;Etat privatise donc les pertes et nationalise les gains. (&#8230;)<\/p>\n<p>\u00a0&#8221; Les politiques helv\u00e9tiques se montr\u00e8rent inflexibles avec leurs banquiers au d\u00e9but du montage, puis les laiss\u00e8rent tranquilles pour liquider les actifs. (&#8230;)<\/p>\n<p><strong>Un portefeuille public g\u00e9r\u00e9 par des traders<\/strong><\/p>\n<p>En effet, propri\u00e9t\u00e9 officielle de la Banque nationale suisse, le portefeuille de la <em>bad bank<\/em>\u00a0n&#8217;est pas entre les mains de quelques hauts fonctionnaires f\u00e9d\u00e9raux, mais dans celles des traders d&#8217;UBS \u00e0 New-York. Ironie de l&#8217;histoire, les imprudents concepteurs de ces portefeuilles naus\u00e9abonds doivent aujourd&#8217;hui patauger dans les remugles pour les liquider. (&#8230;) &#8221; C&#8217;est une question de logique. Apr\u00e8s tout, ce sont eux qui connaissent le mieux leurs produits &#8220;, explique Vincent Crettol. Pour donner \u00e0 ces &#8220;traders publics&#8221; du coeur \u00e0 l&#8217;ouvrage, il serait pr\u00e9vu de leur verser des bonus index\u00e9s sur leurs performances soit, sur la r\u00e9paration de leur propre erreur. &#8220;<\/p>\n<p>1,4 plus values + 0,9 d&#8217;int\u00e9r\u00eats + 2,2 valorisation = 4,5 milliards de dollars<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8221; Apr\u00e8s avoir vol\u00e9 au secours du c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tablissement de cr\u00e9dit USB en 2008&#160;en signant un tr\u00e8s gros ch\u00e8que, la Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique vient de gagner sur tous les tableaux: un \u00e9tablissement financier sauv\u00e9 du naufrage gr\u00e2ce \u00e0 une bad bank\u00a0publique, une monnaie pr\u00e9serv\u00e9e et, au bout du compte, un gain financier pour le contribuable. 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