2015-2016 Molengeek, programme d’exercice à l’entrepreneuriat

Molengeek est une œuvre caritative que j’ai cofondée en 2015.

1.      De l’idée au projet

En 2014, je rencontrais Ibrahim Ouassari, lors d’une soirée d’entrepreneurs web. Nous nous sommes rapidement liés d’amitié. Lors d’une rencontre, il m’a proposé de dîner avec Morad Chahboun, un administrateur de l’association Talented Youth Network. Cette association travaillait à redonner confiance aux étudiant•e•s issus de l’immigration visible, et notamment les jeunes filles. Je proposais mon aide, sans savoir comment l’apporter.

Plusieurs semaines plus tard, je lisais un article de presse décrivant le redéveloppement culturel de banlieues françaises grâce à un projet suédois à succès formant les jeunes issus de l’immigration à monter leur propre projet entrepreneurial . Evidemment, c’était ce projet-là que je pouvais apporter aux jeunes de TYN ! A cette époque, j’avais déjà fondé ou cofondé 3 entreprises, j’ai donc proposé à mes collègues Ibrahim Ouassari, lui aussi multi-entrepreneur, et Morad Chahboun d’organiser des week-ends d’exercice à l’entrepreneuriat, à l’intention des jeunes molenbeekois. S’est joint à nous un autre collègue entrepreneur web, Geoffroy Verney-Carron.

2.      Un projet directement soutenu par la Commune

Enthousiasmé, Ibrahim Ouassari, originaire de Molenbeek, a directement décroché son téléphone pour mobiliser son réseau local, et a obtenu le soir même de ma proposition le s

outien d’un échevin molenbeekois, Ahmed El Khannouss, avec la promesse de recevoir l’appui logistique, financier et médiatique de la Commune.

Grâce à nos réseaux de connaissances individuels, ont rejoint les soutiens de Molengeek : Actiris, l’agence bruxelloise pour l’emploi, et Innoviris, l’agence régionale bruxelloise pour l’innovation. Les commerçants locaux nous ont offert des repas à prix réduits.

Malgré ce soutien officiel des pouvoirs publics, l’intérêt des grands sponsors privés restait mitigé. Les médias étaient eux aussi peu intéressés : Molenbeek gardait une image sombre.

Dans cette organisation, j’ai créé la stratégie initiale du projet avec Ibrahim, défini la stratégie de communication, et j’étais ensuite responsable de la communication avec les Institutions publiques, avec la presse, et avec les participants, et de la pédagogie.

 

3.     Une première édition réussie

24 heures avant le démarrage du premier week-end en mai 2015, 8 personnes seulement étaient inscrites à l’événement ; lors du lancement de l’événement, étaient présents une trentaine de personnes. Cette première édition a finalement compté une quinzaine de participants réels.

J’ai eu le plaisir d’arriver à convaincre plusieurs jeunes femmes voilées de défendre leurs projets. Le résultat final fut tellement enthousiasmant pour elles, que lors de notre deuxième week-end début 2016, 7 équipes sur 8 étaient menées par des jeunes femmes voilées, avec une quarantaine de participants au total.

Co-fondatrice, je prenais aussi le rôle de co-organisatrice en charge de la pédagogie :

  • je développais les supports de communication pour les partenaires et pour la presse.
  • je préparais les supports pédagogiques à destination des participants (Business Model Canvas, hypothèses et statistiques, questionnaires d’interview des clients potentiels, etc.).
  • j’expliquais le cadre de travail aux participants, aux sponsors et aux coachs extérieurs.

L’objectif de l’exercice Molengeek était bien de redonner confiance à des jeunes moins favorisés, de leur montrer qu’ils étaient tout aussi capables que les autres de développer leurs propres projets et initiatives. Pour cela, j’ai dû adapter le niveau de technicité du langage habituel pour ce genre d’événements, trouver des ressources en français, m’assurer de la compréhension des outils par toutes les équipes.

Molengeek ne voulait pas en faire des chevaux de courses, pour cela les autres programmes de soutien à l’entrepreneuriat y arrivaient très bien ; Molengeek leur a d’ailleurs passé la main pour le suivi des projets à haut potentiel, avec succès pour plusieurs équipes.

4      De l’impact des événements à la pérennisation du projet

Alors que des bombes avaient explosé à Paris le 13 novembre 2015, les Belges se demandaient comment des enfants de leur Capitale avaient pu tourner aussi mal.

Dans ce contexte, la deuxième édition de Molengeek en janvier 2016 rencontra un vif engouement, également de la part des sponsors et des médias : on déroula le tapis rouge à l’initiative.

Aussi, une nouvelle associée, Julie Foulon, a apporté le projet à l’intérêt de l’Ambassadrice des Etats-Unis. Cela a mis l’équipe face aux réalités diplomatiques : Geoffroy Verney-Carron a porté cet élément à l’attention d’Alexander De Croo, le Vice-Premier Ministre belge en charge de l’économie, qui, par sa présence, a permis de respecter le protocole diplomatique et d’obtenir l’appui médiatique du Gouvernement fédéral : lors de cette deuxième édition, les médias nationaux et internationaux étaient présents.

Le 18 mars 2016, Rachid Azaoum, un des entrepreneurs belgo-marocain qui avait soutenus Molengeek depuis le début du projet, a offert à l’équipe une grande reconnaissance pour son travail, en lui dédiant publiquement son Diwan Award, le prix qu’il a reçu de la communauté belgo-marocaine pour l’inspiration à la communauté apportée par ses réussites entrepreneuriales.

Diwan Awards dédié à Molengeek

Le Vice-Premier Ministre belge en charge de l’économie Alexander De Croo a décidé dès février 2016 d’accorder à Molengeek des moyens pour amplifier notre initiative et réaliser notre stratégie : il a subventionné la constitution d’une association Molengeek pour pérenniser le programme

En mars 2016, je ne pouvais plus investir de temps et n’ai donc pas pu continuer à suivre l’aventure.

Ces soutiens politiques et financiers ont ensuite permis à Ibrahim et Julie d’ouvrir l’espace permanent de coworking et de formation Molengeek, qu’Ibrahim et moi avions projeté un an plus tôt. Là, les différents publics pouvaient enfin se rencontrer autour d’intérêts technologiques et commerciaux communs.

Finalement, le Centre d’entreprises public où a démarré Molengeek, bordé par une placette jadis déserte, a muté en un endroit convivial qu’un roulement d’une cinquantaine de candidats entrepreneurs fréquentent et font revivre.

Stimulée par cette dynamique, Marlin Ops, une des entreprises hébergées dans le même bâtiment du Centre d’entreprises, a élargi l’écosystème en ouvrant 2 étages plus haut l’incubateur de startups B-Sprouts, tourné à l’international et au développement des technologies IoT (Internet of Things, Internet des objets).

www.molengeek.com

Published by aubertma

Digital Expert for Social innovation

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